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Sciences de l'Éducation

Les grandes réalisations
de Janusz Korczak (1878-1942)

 

1. Une action éducative en institution

Janusz Korczak a créé deux orphelinats pilotes à Varsovie, l’un pour les enfants Juifs, « Dom Sierot » (La maison des orphelins) et l’autre pour les enfants de culture catholique : « Nasz Dom » (Notre maison), un établissement public à Bielany en proche banlieue. À son grand regret, il était à l’époque inconcevable d’élever ensemble les enfants de différentes cultures et religions.

Les deux établissements accueillaient chacun une centaine d’enfants de 8 à 14 ans. Ils étaient mixtes et bénéficiaient de tout le confort possible. Ils fonctionnaient tous deux en « Républiques des enfants ». Les réunions hebdomadaires du Tribunal des enfants et du Conseil d’autogestion arbitraient les conflits et cogéraient efficacement la vie collective et la discipline.

Dans Comment aimer un enfant, Janusz Korczak décrit longuement sa « pédagogie du respect », très proche de nos préoccupations actuelles en matière de prévention, d’intégration, d’éducation à la citoyenneté et de mise en pratique des droits actifs des enfants. Il y rend compte aussi des premières années du Tribunal des enfants que Maria Falska décrit de son côté (Nasz Dom, 1928, inédit en français).

Aujourd’hui, les deux établissements sont toujours en activité et ils recoivent des visiteurs du monde entier. Plus de deux cents autres orphelinats, écoles et clubs d'enfants portent le nom de Janusz Korczak en Pologne.

 

2. Un journal national d'enfants :
« Maly Przeglad » (1926-1939)

La « Petite revue » était un journal entièrement rédigé « par les enfants pour les enfants », diffusé sous forme d’encart dans un hebdomadaire national. Un seul adulte « un vieux chauve à lunette, pour qu’il y ait de l’ordre » siégeait à son Comité de rédaction. Très populaire, forte d’un réseau de 2 000 petits correspondants de presse en province, la Petite revue (surnommée « Maly » par les enfants) tirait à 150 000 exemplaires et n’a été arrêtée que par l’invasion du pays par les nazis…

Janusz Korczak y voyait là un formidable outil de communication, d’incitation à la lecture, d’auto-éducation, de solidarité et de promotion des droits de l’enfant. En parvenant à rétribuer les meilleurs articles reçus, (sur des fonds de participation aux bénéfices du journal qui voyait son tirage augmenter), il en avait fait aussi une forme d’aide sociale discrète et valorisante, inédite à cette échelle.

 

3. Formation et communication

Pendant longtemps Janusz Korczak donna des cours à l’Institut de pédagogie spécialisé, à l’Université libre de Varsovie et à l’École Normale pour les éducatrices de l’école maternelle. Il s’occupait aussi de la formation des futurs éducateurs.

Il fit aussi de la radio. Les émissions de radio du « Vieux docteur » furent très célèbres et très suivies. Il n'en reste malheureusement aucun enregistrement mais une série, du fait de son succès particulier à été publiée de son vivant.*

Janusz Korczak savait merveilleusement parler aux enfants. S’adressant à eux sous le pseudonyme du « Vieux docteur », de 1934 à 1936 puis en 1938, il a captivé les familles entières par ses récits remplis d’interrogations, de doutes, d’amour, et de son expérience inégalée de la petite enfance. « Médecin de l’éducation », au sens où l’entendait la psychanalyste Françoise Dolto, il lui arrivait de se présenter lui-même comme un « fin sculpteur de l’âme enfantine ».

*« Utwory radiowe » In Korczak Dziela, T. X, Varsovie, Éd. Latona.
http://korczak.fr | http://roi-mathias.fr © Ass. Frse J. Korczak (AFJK), Paris
(Page créée en 1995, révisée en avril 2001)