Association Française Janusz Korczak (AFJK)
« Sur les traces de Janusz Korczak »
Compte rendu du voyage de juin 2005
par les étudiantes de l'EFPP
Réalisation - Fiche technique du projet
Observations

Introduction - Les crèches - Les écoles maternelles - Les PMI
Le foyer Notre Maison - Dom Sierot - Korczakianum
Le collège Bednarska - Le collège Korczak
Conclusion - Remerciements

 

 

L’École de Formation Psychopédagogique (EFPP) de l’Institut catholique de Paris, situé rue Cassette à Paris, est un Institut de formation des éducateurs spécialisés et des éducateurs de jeunes enfants (EJE).
En 2005, en collaboration avec l'Association Korczak (AFJK), l'EFPP a permis une nouvelle fois à un petit groupe d’étudiants EJE en seconde année de formation de partir en Pologne, à Varsovie, sur les traces du grand pédagogue… Au fil des ans, l’expérience acquise et l'implication bénévole et dévouée des correspondants et des partenaires de l'association permettent de réunir les conditions d'un voyage pédagogique fructueux, pour des étudiants intéressés.
Nous vous livrons ici le compte rendu des étudiantes de la promotion 2005, tel que nous l'avons reçu, adressé par leur formatrice avec la mention : « rédigé collectivement et en toute hâte, mais avec enthousiasme ! ». Il sera complété plus tard avec les photos promises.

 

 

Compte rendu de notre séjour

Le voyage pédagogique : « Sur les traces de KORCZAK », qui s’est déroulé du 12 au 17 juin 2005, était très pertinent et remarquablement bien organisé. Nous avons pu apprécier lors des visites la disponibilité de nos hôtes, une grande qualité d’accueil et la traduction vivante de nombreux apports pédagogiques.

Il nous semblerait intéressant que d’autres étudiants de 2e année puissent bénéficier de cette expérience enrichissante qui est une belle ouverture à l’Europe sociale.

 

LES CRÈCHES

Nous avons apprécié l’accueil fait aux enfants et aux adultes. Nous avons observé que les responsables d’institution, psychologues, pédagogues etc. travaillent sur le même concept qu’en France à savoir : « accueillir un enfant, c’est accueillir une famille ». De ce fait des conditions spécifiques, et adaptées aux jeunes enfants sont mises en place. Ainsi nous repérons :

Des espaces bien agencés (organisation de coins qui respectent l’intimité des enfants, leurs jeux etc..), ces espaces permettent aux tout petits une liberté d’action, une autonomie, au sens où l’entendaient les grands représentants de l’éducation nouvelle, « aide-moi à faire seul » Montessori ou encore « sous votre regard je suis capable et compétent », d’Emmi Pikler en Hongrie (expérience de Loczy, enseignée en France par Myriam David, Geneviève Appell[1], Judith Falk[2].

Mais aussi repensons à tous les écrits de Korczak dans Comment aimer un enfant, qui met bien en lumière l’ATTENTION SPÉCIFIQUE qu’il est important d’accorder aux jeunes enfants. Cette attention qui va demander de la part des éducateurs une grande patience, d’accepter l’enfant tel qu’il est avec la volonté de composer avec toutes ces réalités.

Nous avons pu retrouver le SYSTÈME DE RÉFÉRENCES qui demande un important travail SUR SOI, des OBSERVATIONS VIGILANTES, soumises à l’éclairage de tous les partenaires en équipe.

Le RESPECT DES RYTHMES est pris en compte dans l’institution (les choses se font en douceur à travers des relations de qualité, ce qui n’empêche pas « l’autre d’exister »).

Les ACTIVITÉS se réalisent par GROUPE D’ÂGE ET INTÉRÊT, et s’inspirent véritablement des pédagogies actives nouvelles, des méthodes actives. (On y perçoit l’expression sous toutes ses formes, comme chez Decroly, avec des centres d’intérêts spécifiques aux tout petits, des idées de Freinet, Germaine Tortel[3], pour les réalisations artistiques, les causeries etc.).

La conception de projet pédagogique nous est apparue très proche de ce que nous avons appris en formation, à travers les grands courants, mais aussi les témoignages de professionnels.

  • DIVERSITÉ ET CHOIX DE MATÉRIEL PÉDAGOGIQUE.
  • INTÉRÊT DE L’ACCUEIL D’ENFANTS HANDICAPES :
  • Enfants trisomiques
  • Ayant des troubles du langage
  • Ou des troubles du comportement (agressivité, hyperactivité), d’où l’intérêt d’un système de référence pour ces enfants en particulier.

Il est à noter qu’actuellement aucune loi n’oblige les institutions à recevoir des enfants handicapés. Ce travail de PRÉVENTION nous a montré toute la pertinence des actions menées dans ce lieu et s’inscrivant dans un projet de qualité.

En résumé ces deux visites ont eu le mérite pour nous de démontrer « la bientraitance » des jeunes enfants en institution ; nous avons senti une sérénité chez les enfants et les adultes. Alors qu’il nous semble que certaines institutions régressent en France, on y observe parfois des formes de maltraitance pendant nos stages qui nous choquent, heurtent nos sensibilités, nous déstabilisent parfois.

Ceci nous amène constamment à réfléchir à nos attitudes pédagogiques : patience, douceur, fermeté, contenance et base sécurisante, choix du langage du personnel, manière de penser la vie en institution. S’agit-il du confort de l’adulte avant tout ? ou de recherches de solutions en équipe pour permettre aux jeunes enfants de se développer en toute quiétude, se socialiser du mieux possible ?

Nous apprécions beaucoup que toutes ces interrogations, ou projections dans le travail social, puissent être reprises, développées, confrontées aux autres stagiaires et faire, ici à l’EFPP, l’objet d’analyse de pratiques.

Le personnel recruté dans ces lieux a une solide formation psychologique, sociale, pédagogique, et doit s’inscrire avec compétence dans le projet de l’institution ; par ailleurs, il nous a été dit que la formation continue était indispensable à tout le personnel.

Ceci nous a ramenées à la réflexion sur : l’amour pédagogique vu par Korczak. Ce qui n’empêche pas l’autre un jour de vous quitter… comme le précisait S. Tomkiewicz. Et nous avons pu réinterroger nos théories sur « l’attachement ».

 

 

L'ÉCOLE MATERNELLE

À Varsovie, la plus grande école maternelle accueille 250 enfants ; elle est très sollicitée, les listes d’attente sont nombreuses et l’école sélectionne sur des critères très précis.

  • Priorité aux femmes seules
  • Familles nombreuses
  • Parents invalides
  • Enfants du personnel
  • Frères et sœurs d’une même famille déjà scolarisée.

La concurrence est rude entre écoles, le personnel est très spécialisé, et bénéficie de formation continue régulière (orthophonistes, psychologues, pédagogues sont présents dans toutes les structures.)

• PROJET LECTURE (littérature enfantine, conte)
  • Une politique de lecture est menée dans toute la Pologne actuellement pour donner dès le plus jeune âge, LE GOÛT DE LIRE, et permettre aux jeunes enfants DE DEVENIR DE FUTURS LECTEURS.
  • Pour ce faire, des auteurs, illustrateurs, se déplacent pour rencontrer les enfants, raconter des histoires etc.
  • Ceci nous a rappelé la phrase de Korczak (dans le ghetto) : « Sais tu ce que c’est que de jamais raconter d’histoires à nos enfants, c’est pire que de manquer de pain. ».
  • Nous avons retrouvé des démarches semblables en France, à l’époque du Père Castor (Paul Faucher, expérimentant ses albums à l’école nouvelle d’Antony, et menant une politique de lecture qui a porté ses fruits à l’école maternelle française, ainsi que dans les bibliothèques), et plus proche de nous, le mouvement ACCÈS[4], avec René Diatkine (psychiatre psychanalyste) et Marie Bonnafé (psychanalyste) qui mènent ce « racontage » dans les lieux de la petite enfance ou encore « LIRE À PARIS », qui contribue a ces actions politiques de lecture.
• AUTRE DÉMARCHE :
  • L’école pratique la rencontre avec LES PARENTS (portes ouvertes).
  • Une fois par mois pendant une heure, les parents sont amenés à organiser, et mener des ATELIERS.
LES DROITS DE L’ENFANT
  • Ils sont affichés dans l’entrée de l’école, comme dans certaines maisons d’enfants, ou hôpitaux en France. Certaines règles de vie ont été élaborées en concertation avec adultes et enfant, et favorisent une réelle AUTONOMIE (l’ambiance s’en ressent).
  • Cette rencontre a été très stimulante, et nous a permis de voir les pédagogies actives nouvelles inscrites dans une autre sensibilité, avec une volonté de partager, de se construire dans une harmonie en institution.

 

 

Le centre d’évaluation médical et thérapeutique

C’est l’équivalent des CAMPS, en France, des PMI (centres de Protection Maternelle et Infantile) qui assurent le suivi de l’enfant et de sa famille.

Cet accueil s’effectue de 0 à 7 ans et permet aux jeunes enfants atteints d’un handicap, de bénéficier d’une préparation spécifique soit pour entrer en école maternelle, soit dans une section spécialisée.

LE SOUTIEN A LA PARENTALITÉ (consultations, vidéo training) permet de « valoriser » le parent dans toutes ses compétences auprès de son enfant.

Plusieurs espaces sont réservés a DES INSTANCES SPÉCIFIQUES. L’ESPACE EST UN VÉRITABLE OBJET D’ÉDUCATION au sens de Piaget tant pour l’enfant que pour le parent, il permet de mettre en place un dispositif de COÉDUCATION.

 

 

LA MAISON DES ENFANTS NASZ DOM

Suite à nos expériences en foyer de l’enfance en France, il nous a semblé que ce lieu chargé d’histoire, était vraiment conçu pour le bien être des enfants, qu'il les rendait responsables de leurs paroles, de leurs actes. On y trouvait une « cohérence entre l’AGIR et le DIRE », un peu comme le demandait Françoise Dolto dans ses écrits ou conférences.

Les éducateurs ne pensent pas qu’a évoquer LES LIMITES à donner aux enfants, mais partagent de façon démocratique la vie en institution, avec ses avantages, ses inconvénients, ses problèmes, ses solutions. On y fait preuve de CRÉATIVITÉ, on s’y sent IMPLIQUÉ, ce qui nous a paru très stimulant, motivant.

Ce qu’on réussit parfois avec certains enfants, en tant qu’éducateurs, dans les équipes, on a du mal à être entendu. Nous utilisons souvent même discours sur l’enfant, mais sans le traduire de la même manière dans nos réalités éducatives. La part de liberté laissée aux enfants, nous avons du mal, nous éducateurs à la trouver dans nos institutions ; nous craignons les remarques, nous avons peur de perdre notre autorité, quand nous ne nous sentons pas menacés… la pédagogie de Korczak en France a encore un long chemin à faire !…

En janvier 2006, le projet de NASZ DOM doit changer ; les partenaires sociaux œuvrent pour de plus petites unités, et les enfants seront davantage pris en charge, soit par des familles d’accueil, dans les villages d’enfants, et une trentaine d’enfants devrait rester à la maison d’enfants. On se rend compte qu’il y a un réel souci d’accorder une meilleure qualité de vie, un suivi plus spécifique, si besoin est.

Il y a également un travail prévu avec les parents, comme en France. (ce qui n’est pas le cas dans toutes les institutions en France, d’après nos observations).

À la maison des enfants, nous avons pu bien échanger avec la responsable, mais hélas très peu avec les enfants, pourtant curieux de nous voir ; nous l’avons regretté, peut-être cela pourrait-il être un autre projet avec concertation avec les éducateurs de NASZ DOM : « Laissons parler les enfants ! ».

En tout cas nous avons apprécié chaque chambre personnalisée, laissant une trace de la vie des enfants en institution — et non comme dans certains foyers Jean-Luc Lahay, un développement avant tout esthétique des lieux de vie des enfants, ce qui est fort discutable sur le plan de l’expression de l’enfant.

Cela nous a aussi confortées dans ce que nous avions pu mettre en place durant nos stages, en foyer, en centre de rééducation, en jardin d’enfants OPAC de Paris et banlieue etc.. Il serait bon de mettre en place un partenariat avec les centres de formation, permettant ainsi aux éducateurs actuels de confronter leurs pratiques, et de chercher ensemble, de sortir aussi de solitude parfois, ou se ressourcer, afin d’éviter toute usure professionnelle, nocive à tous enfants et adultes.

 

 

DOM SIEROT

Pour l’autre foyer historique de Korczak, « La maison des orphelins », nous avons regretté de ne pas avoir pu être reçues.

Nous pouvons comprendre les réticences de la direction plus comme l’expression de certaines difficultés que comme un manque de collaboration avec le mouvement Korczak, puisque Korczakianum y est abrité et que tout l’édifice est imprégné de son histoire.

Il est parfois difficile d’ouvrir les structures lorsqu’il y a des soucis divers, faute de moyens, de disponibilité, de volonté de changement. Ceci n’est pas particulier à la Pologne ; en tant que stagiaire, nous en faisons régulièrement l’expérience, et il faut aussi accepter, que les institutions puissent avoir des temps pour se ressourcer, temps de bilans, de crise institutionnelle, temps de respiration…

 

 

LE CENTRE DE DOCUMENTATION : KORCZAKIANUM

Les documents nous ont impressionnées, tant au niveau historique que pédagogique ; quel travail de recherche, passionnant, émouvant qui donne l’envie de poursuivre, mais hélas, nous n’avions pas assez de temps. Nous comptons sur l’AFJK française pour peaufiner nos recherches, et apprendre à connaître ce médecin éducateur autrement.

Retenons un point spécifique pour nous : quelle modernité que d’avoir mis en place des cahiers de vie pour les enfants, afin de retracer l’histoire de leur passé en institution, et pas n’importe laquelle, une institution dans laquelle les cadres de vie étaient bien pensés, organisés, et pas uniquement soumis au bon vouloir des éducateurs…

Ces cahiers ou livres de vie nous rappellent également les pratiques de Decroly et Freinet, ceci se retrouve actuellement dans certaines crèches, ou encore à l’hôpital (avec le petit livret d’accueil, et autres projets).

Ceci nous semblait très respectueux des enfants, Korczak et son équipe ne se souciaient pas que de répondre aux besoins des enfants, ils pensaient qu’il fallait « CULTIVER LE SOUVENIR » nourrir son imaginaire en institution au lieu de l’appauvrir. ceci illustrerait bien le fait que l’enfant est un être d’INTELLIGENCE, d’ACTIVITÉ, d’AFFECTIVITÉ.

Pour l’enfant cela prenait du sens ; de plus articuler l’écrit et l’oral était vraiment pertinent, et donnait plus d’autonomie à l’enfant, enfin toutes les richesses d’un groupe se voyaient exploitées, il y avait donc autant de relations individuelles que collectives, porteuses de démocratie.

Ce qui nous semble intéressant aussi, c’est le mélange de jeunes enfants avec des plus grands.

Les éducateurs devraient être peut-être plus formés pour s’adresser aussi bien à des jeunes enfants qu’à des plus grands, ou en tout cas être capable de mettre leurs compétences en commun. En France, c’est assez hiérarchisé, spécialisé, ne serait-il pas bon à certains moments et surtout pour ceux qui travaillent dans les foyers, à l’hôpital, d’avoir une plus grande perception globale des choses, cela reste à méditer.

 

 

L'école et le collège privé BEDNARSKA

Ce collège privé a été créé en 1989 par sa directrice.

Ouverte de l'école primaire au lycée avec une option très recherchée de baccalauréat international, cet établissement est considéré comme l'un des meilleurs de la capitale polonaise. Son projet pédagogique est directement inspiré par l'œuvre de Korczak, bien que ce ne soit pas mentionné (assumé ?)[6], les références affichées étant celles de l'enseignement d'un sage Indou, le Maharadja Jam Saheba Digvijay Sinhji, et, concernant l'éducation à la démocratie, de… Montesquieu [note complémentaire du pigiste].

Cette visite nous a énormément plu et nous a donné une autre vision possible du collège. Nous y avons constaté l’égalité des droits et devoirs de chacun (élèves, parents, professeurs, direction).

Le système semble très bien fonctionner. L’accent est mis sur le respect de la personne, à travers tout le quotidien, dans tous les actes, sur son épanouissement personnel, sa responsabilité dans le groupe.

Reprenant pleinement la pédagogie de Korczak, nous avons pu observer le fonctionnement institutionnel…

  • du Parlement (Conseil autogestionnaire élèves/parents/enseignants)
  • et du Tribunal interne (cogéré, pour la gestion des conflits),
    les fondations de « la république des enfants » ;
  • et un système de monnaie propre à l’école fonctionnant sur des services rendus à la communauté. Les enfants paient une partie des frais de leur scolarité avec cette monnaie. Cela nous a renvoyées à l’idée de Freinet dans sa charte (contre tout endoctrinement) : « l’enfant fait partie d’une communauté qu’il sert et qui le sert ».

Il y aurait beaucoup à dire, à décrypter dans ce système, nous ne pouvons pas en repérer les avantages ou inconvénients, mais il est certain que de voir des enfants et des adolescents aussi stimulés donnait envie de recommencer le collège ! Nous nous arrêterons là en nous remémorant l'ouvrage de Korczak : « Quand je redeviendrai petit ».

 

 

Le COLLÈGE Janusz KORCZAK

Cette visite qui n’était pas prévue au départ, nous a été proposée par Mme Binczycka, la présidente de l’Association Korczak en Pologne qui nous avait très aimablement reçues un soir à la maison.

En 2001, les étudiants, parents et professeurs ont décidé par vote, d’appeler le collège « Janusz Korczak », en l’honneur de sa pédagogie et de son dévouement aux enfants, dont tous les élèves sont pleinement informés.

Le projet pédagogique commence à se mettre en place. Un règlement est mis en place, élaboré avec les collégiens, s’engageant à le respecter. Une prévision de partenariat avec les orphelinats, et pouponnière de Varsovie. (un bénévolat des élèves devrait se mettre en place dès l’année prochaine, le projet est en pleine élaboration).

Les enfants ont le droit de s’opposer, de présenter leurs idées, prendre des décisions avec les professeurs et il n’est pas rare pour les élèves de primaires de résoudre les problèmes en groupe (conseils d’enfants). Nous en avions vu un exemple à l’École nouvelle LA SOURCE[5] (à Meudon), avec l’éducatrice Dany Cohen qui pratiquait aussi les pédagogies institutionnelles.

L’entraide entre élèves au collège permet de développer LE SENS SOCIAL de tous (comme chez Decroly, Freinet et toutes autres pédagogies institutionnelles)

Un système de stimulation, de valorisation, d’autres utiliseront le mot « récompense » ce qui choquera certains étudiants français lors de la restitution, est utilisé.

Nous l’avons compris comme chez Freinet où les ceintures obtenues comme en sport montrent les étapes franchies par l’enfant, valorisant ses compétences dans tous les autres domaines que le « scolaire » (arts plastiques, théâtre, esprit coopératif, travail d’équipe, organisateur, technicien, etc.).

On peut noter une véritable proximité entre enfants, adolescents, et équipe pédagogique, un peu comme nous l’ont décrit nos collègues qui sont allés à Bruxelles (à l’école Decroly) ou encore à Saint-Paul de Vence (dans l’école de Freinet).

Un véritable respect est accordé à la personne, une place est faite à l’enfant.

Dans toutes les classes nous avons remarqué l’accueil d’enfants handicapés. Une priorité est faite aux enfants déficients pour l’entrée dans cet établissement.

 

 

Conclusion

Lors de la restitution de notre voyage à l’EFPP, dans le cours d’Éliane Ocana, nous avons remarqué un intérêt certain pour la démarche pédagogique du médecin éducateur et poète Janusz KORCZAK, mais aussi des inquiétudes par rapport à son « Tribunal des enfants » et à certains autres dispositifs très impliquant pour les adultes ou complexes à mettre en œuvre (qualification citoyennes, auto-évaluation, courbes des sentences), etc.

Nous n’avons pas eu le temps de faire une table ronde autour de toutes ces grandes questions. Par ailleurs, nous ne sommes pas encore de grands spécialistes de cette pédagogie qui a le mérite de pousser tous les acteurs de l’institution vers eux-mêmes, pour méditer, réajuster, inventer, etc.

Nous qui nous destinons à la petite enfance, nous pensons que nous ne devons pas « calquer » la pédagogie korczakienne mais au contraire nous appliquer dans les institutions à être des éducateurs « acceptables », au sens (aussi) de Bettelheim.

Ces voyages, ces rencontres nous laisseront des souvenirs inoubliables, et une volonté de partager nos expériences, et qui sait de repartir un jour peut-être !

 

 

*** Nos remerciements ***

Merci à Marie Christine David, la directrice de l’EFPP, d’avoir autorisé cette recherche spécifique : « SUR LES TRACES DE KORCZAK »

Merci à Danièle Bronstein (responsable du département des éducateurs de jeunes enfants), et à Éliane Ocana, chargée des grands courants pédagogiques.

Merci aux autres étudiants et aux formateurs de l’EFPP, qui ont contribué à la récolte de fonds supplémentaires (plus les repas, boissons, bonnes tartes maisons), pour nous permettre de partir.

Un grand merci enfin à chacun de nos hôtes polonais pour la qualité et la gentillesse de leur accueil, à Wanda Albinska (la présidente de la Fondation des Maisons vertes en Pologne) qui nous a accueillies et qui avait préparé notre voyage et aux représentants des Associations Korczak française et polonaise pour leur entremise et les facilités apportées.

Éliane OCANA et le groupe des étudiantes :
Linda, Aurélie, Émeline, Élodie, Mathilde,
Paris, le 1er juillet 2005.
[Notes et liens ajoutés par B.L.]

 

 

 

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Notes de l’article

[1] Geneviève Appell est psychologue, présidente d'honneur de l'Association Pikler Lòczy France.

[2] Judith Falk est l'ancienne directrice de l'Institut Loczy (Emmi Pikler), à Budapest(Hongrie).

[3] Germaine Tortel (1896-1975), Inspectrice des écoles maternelles, s'est intéressée aux productions artistiques des enfants. Elle a créé le premier centre de documentation pédagogique pour recueillir et étudier les dessins des enfants.

[4] ACCÈS (Actions Culturelles Contre les Exclusions et les Ségrégations), association œuvrant pour le développement de la lecture et de la petite enfance, animée par Marie Bonnafé. ACCÈS rassemble des responsables de services publics, bibliothèques et services Petite enfance, pour une action culturelle de prévention et de recherche, en proposant des livres et des histoires aux tout-petits et à leur entourage. — Tél. 01 43 73 83 53 - Fax. 01 43 73 83 72.

[5] L'École nouvelle LA SOURCE a été ouverte en 1946 par Roger Cousinet (1881-1973) et François Chatelain (1896-1978), pour être le premier terrain d'application de l'École nouvelle française, mouvement dont ils étaient tous deux les fondateurs. En savoir plus.

[6] La directrice fondatrice du collège Bednarska, Krystyna Starczewska avait fait une intervention très remarquée en ce sens au colloque international de septembre 2002 (Janusz Korczak, a new anthopology of éducation) réuni à Varsovie en septembre 2002. Suscitant un grand intérêt des médias (avec un reportage TV), sa conférence avait révélé tout ce qu'elle estimait devoir à Janusz Korczak dans la conception de son projet pédagogique tant sur le plan pratique que théorique. Elle avait étudié l'œuvre du Vieux docteur de façon approfondie avant de fonder la première école privée de Pologne, une ouverture alors perçue, en 1989, comme un nouveau signe de liberté dans le contexte historique de la fin du collectivisme d'état.


 

 

Réalisation

 

Organisateurs

  • L’Association Française Janusz Korczak - http://korczak.fr
    Coordination à Paris : Bernard Lathuillère avec Alexandra Kowalski
  • Fondation "ZIELONE DOMY" (Fondation des Maisons vertes en Pologne)
    Coordination et accueil à Varsovie : Wanda Albinska
  • École de Formation Psychopédagogique de l’Institut Catholique de Paris (EFPP)
    22 rue Cassette, 75006 Paris
    Responsable : Éliane Ocana-Lacotte
    Tél. pro : 00 33 1 44 39 28 57 - Fax : 00 33 1 44 39 71 39

 

Partenaires

  • Association Polonaise Janusz Korczak : http://pskorczak.webpark.pl
  • Direction des crèches de la Mairie de Varsovie
  • Direction des écoles maternelles de la Mairie de Varsovie
  • Institut de formation des professeurs de français (pour ses étudiants interprètes)

 

Remerciements

  • L'Association Korczak et l'EFPP remercient tout particulièrement Wanda Albinska, la présidente de Zielone Domy, et Monika Matysiak, chercheur à l'Institut de recherches pédagogiques de Varsovie. Rien n'aurait pu se faire aussi bien sans leur complète disponibilité et sans leur important travail de traduction simultanée effectué sur leur temps personnel. Merci aussi aux autres traducteurs qui ont pu les relayer.
  • Nous adressons aussi nos plus sincères remerciements aux responsables et aux équipes des institutions visitées pour la qualité de leur accueil et pour le temps consacré au groupe des étudiantes, qui ont donné à ce voyage tout son sens sur le plan pédagogique.
  • Un grand merci encore à Jadwiga Binczycka, Marta Ciesielska et à Tereza Skudniewska, nos collègues responsables des institutions Korczak polonaises.
  • Crédits photo (prochainement) : Émilie Barret et AFJK.
http://korczak.fr | http://roi-mathias.fr © Ass. Frse J. Korczak (AFJK), Paris
(Page créée le 21 juillet 2005)