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Association Française Janusz Korczak (AFJK)

L'autoévaluation à Nasz Dom
(Notre Maison)

La directrice de Nasz Dom, l’établissement éducatif pour les orphelins de guerre qu'elle avait ouvert avec Janusz Korczak en 1919, explique ici l’importance d'essayer de traduire en pratique l’idée, aujourd'hui reconnue par la Convention des droits de l'enfant, d'associer les enfants à l’évaluation de leur conduite et de leurs résultats pour favoriser leur possibilité d'évolution.

Fondée sur un système très simple — quoique demandant un suivi constant — de notations, de courbes et bilans réguliers, l’autoévaluation, telle qu'elle était instituée dans son établissement, de même qu'à Dom Sierot (la Maison des Orphelins), était l’un des piliers du projet pédagogique korczakien.

Appeler les enfants à émettre une opinion sur leur propre travail, à pratiquer l’autoévaluation de son propre travail, a été l’œuvre de ces dernières années.

La vie enseigne que dans une évaluation de l’extérieur, on ne prend en considération que le résultat du travail, on ne tient pas compte de l’effort fourni, ce qui constitue une injustice morale pour les enfants plus jeunes ou plus faibles physiquement, ou pour ceux qui n’ont pas encore eu le temps d’acquérir de l’expérience et du savoir-faire.

De plus, la vie enseigne que l’évaluation de l’extérieur est souvent superficielle, aléatoire et inexacte.

À l’heure de l’évaluation du travail, les chiffres (les unités de travail) permettent de sortir de la zone floue des généralités nébuleuses, de : « il semble que », toujours chancelants et incertains, des éloges hasardeux ou des réprimandes risquées, pour déboucher sur la voie de l’observation de la réalité telle qu’elle est.

 

Qui aura amassé en l’espace de quelques mois 500 unités de travail, reçoit — une distinction hautement prisée par les enfants et les jeunes — « la Carte postale souvenir du travail ». Depuis peu, indépendamment de cela, on distribue aussi des cartes postales souvenirs d’un « service annuel ».

L’évaluation du travail, exprimée en chiffres, s’est avéré la forme la plus facile à appliquer et compréhensible pour tous les enfants.

Elle permet de rester serein quand on est face à la situation où certains travaillent beaucoup pendant que d’autres en font moins.

Tôt ou tard elle suscitera la participation plus active au travail et à l’effort des passifs ou des paresseux. Elle incite sans forcer, sans faire de reproches, sans faire la morale.

Maria Falska,1928
trad. Jacek Rzewuski © Ass. Frse J. Korczak.

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Source

Extrait de : Rogowska-Falska Maria, Zakład Wychowawczy « Nasz Dom ». Szkic informacyjny, Warszawa, Nakładem [édité par] Towarzystwa « Nasz Dom », 1928, 100 p. ; réédité dans Falska, Maria : Nasz Dom, zrozumieć porozumieć się poznać, textes réunis et introduits par Marta Ciesielska et Barbara Puszkin, Korczakianum, avec cahier photo XXIV p., EZOP, coll. « Tematy Ludzie dokumenty », Warszawa, 2007, 402 p., avec 1 ill. (couverture) p. XIX, ISBN 978-83-88477-64-5.

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Pour citer cet article

Falska, Maria : « L’autoévaluation à Nasz Dom (Notre Maison) » (1928), [extrait de :] Notre Maison, trad. Jacek Rzewuski (2000), inédit Association Frse J. Korczak, [en ligne sur korczak.fr]

http://korczak.fr | http://roi-mathias.fr © Ass. Frse J. Korczak (AFJK), Paris
(Page créée le 20/09/2002 - Révisée le 28/08/09)