2003-2004, en Belgique, à Bruxelles
L’exemple du Docteur Korczak
une création du Théâtre du Rideau
—  Cette pièce a fait un triomphe lors de sa création en février 2003
et pour sa reprise en novembre et décembre 2003.

 

Représentations :
— Reprise du 20 novembre au 13 décembre 2003
— Création au Palais des Beaux-Arts, du 29  janvier au 28  février 2003

Message de notre correspondant permanent à Bruxelles :
« La reprise de “L’Exemple du Dr Korczak” le jeudi 20 novembre a été superbe devant un public de jeunes très nombreux qui ont été totalement captivés. Et les adultes aussi. La reprise de “Mathias...” le matin du 21 novembre a aussi été excellente devant presque 60 enfants (les représentations sont réservées à deux classes à la fois qui sont installées sur l’estrade, face au comédien et à ses marionnettes). Ensuite les élèves ont passé la journée dans les nombreux ateliers prévus. Les enfants et leurs professeurs ont été complètement conquis ».

  • « L’Exemple du Docteur Korczak »
  • Pour les connaisseurs de l’œuvre de Janusz Korczak tout autant que pour le public belge, cette nouvelle pièce de théâtre sur Janusz Korczak par le Théâtre du Rideau est un événement. Elle propose une véritable réflexion sur les enjeux et sur les valeurs de l’éducation à travers la mise en scène d'un magnifique dialogue entre le grand éducateur protégeant ses enfants jusqu'au dernier moment dans le ghetto de Varsovie — incarnation de l’humanitaire impliqué, et un adolescent rebelle d'aujourd'hui, délinquant et désespéré.
  • La pièce propose un procédé didactique particulier : celui du récit imaginaire d'une histoire vraie. Alternant entre les rôles de récitants et d'acteurs, les comédiens offrent ainsi au spectateur une possibilité de distanciation et d'analyse, qui a l’avantage de faciliter le vécu émotionnel du spectacle, souvent intense, mais qui est aussi parfaitement fidèle à l’humilité et à l’esprit critique de Janusz Korczak lui-même. À ce dispositif rassurant et efficace s'ajoute, il faut le dire, le talent des cinq comédiens et la justesse de leurs interprétations, qui ont fait l’unanimité.
  • La pièce a connu lors de sa création un véritable triomphe et sa reprise en novembre 2003 a aussi fait salle comble. La presse belge ne s'y était pas trompée qui a très activement soutenu et partagé l’intérêt du public pour la découverte de l’œuvre de Janusz Korczak (lire la revue de presse).

 

David Greig est un jeune auteur écossais talentueux et productif connu et mis en scène à travers une quinzaine de pièces jouées en Allemagne, Belgique, Espagne et en France. Dans sa présentation du spectacle, il explique comment il a connu Janusz Korczak et pourquoi il a choisi de s'en inspirer. Depuis sa création à Glasgow en 2001, cette pièce est pour lui, à travers toute l’Écosse, le support d'un théâtre engagé et militant pour apaiser les tensions et la violence des banlieues et des ghettos d'aujourd'hui.

Le Théâtre du Rideau de Bruxelles qui avait découvert David Greig l’année dernière, s'est passionné pour le sujet et par l’approche de l’auteur. Son équipe s'est tout entière mobilisée pour faire de cette création en langue française un grand moment de découverte et de sensibilisation du public à l’œuvre toujours aussi actuelle de Janusz Korczak.

 

La démarche du Rideau

S'agissant de Janusz Korczak, il était indispensable de tout faire pour informer et si possible associer les enfants à ce projet qui les touche très directement. À cette fin, plusieurs projets spécifiques ont été élaborés avec beaucoup de soin en direction des enfants et aussi des adolescents et le dossier pédagogique de la pièce a été réalisé avec notre concours.

La troupe avait préparé un impressionnant programme pédagogique articulé autour d'animations très étudiées et superbement encadrées par des professionnels. Ces projets avaient été présentés à la presse et aux enseignants au cours d'une double conférence de presse très suivie (le 8 janvier 2003, avec notre participation). Le programme était organisé de la façon suivante :

  • Une journée complète au théâtre avec une représentation spéciale du Roi Mathias Ier… dans les décors de l’exemple…, pique-nique au Parc royal de Bruxelles tout proche, ateliers marionnettes et ateliers d'expression. Chaque journée a permis d'accueillir soixante-quinze enfants. Cet ensemble de prestation était proposé aux enseignants au prix forfaitaire de 8 € par élève.
  • Un second temps en classe, avec la possibilité d'organiser séparément deux activités différentes et complémentaires, d'une heure trente environ chacune : une véritable réflexion philosophique (cf. article) et la projection de l’excellent téléfilm de Claude Couderc « L’adieu aux enfants », mis à disposition pour l’occasion par notre association en accord avec son réalisateur.
  • Il s'agissait la d'un dispositif tout à fait exceptionnel, entrepris avec enthousiasme par une équipe nombreuse et motivée dans une démarche authentiquement korczakienne. En collaboration avec la fondation belge CULTURE ET DÉMOCRATIE, notre association a participé à l’évaluation de cette double production culturelle et pédagogique.
  • Cette démarche a fait l’unanimité des connaisseurs de Janusz Korczak, membres ou non des associations Korczak française et belge, venus nombreux découvrir la pièce. Elle semble avoir suscité leur complète adhésion tant par son procédé didactique (le récit imaginaire d'une histoire vraie), que par la qualité de son interprétation très vivante et juste.

 

Les animations et activités
pédagogiques
proposées

  • Une pièce de théâtre a été créée spécialement pour l’occasion pour les enfants, en résonance avec la pièce de David Greig : « Le roi Mathias 1er, une histoire du docteur Korczak racontée aux enfants ». Il s'agit d'une adaptation très réussie du roman de Janusz Korczak par Sylvie Steppé, d'une durée d'une heure, avec un seul comédien et deux marionnettes. La grande économie du spectacle le rend particulièrement attractif et aisément reproductible.
  • Le spectacle fonctionne comme un atelier Théâtre interactif pour un groupe limité de soixante-quinze enfants (trois classes) chaque jour. Ils sont installés sur la scène, dans le décor de la grande pièce et ils ont la possibilité de participer directement au déroulement de la pièce. Mais la création est aussi proposée comme un spectacle complet pour le public familial, le mercredi et le samedi.
  • Les marionnettes jouant un grand rôle dans les pièces de David Greig et de Sylvie Steppé, elles sont aussi au centre de l’activité d'un atelier Créativité et expression qui permet à chaque enfant de revisiter l’histoire en créant sa propre marionnette puis en s'exprimant avec son aide sur l’histoire du Roi Mathias entendue le matin.
  • Sous la direction rigoureuse de Solange Carmoy, cet atelier était organisé en huit groupes de travail de moins de dix enfants chacun, disposant chacun de salles mitoyennes et de huit animateurs professionnels.
  • Ceux-ci avaient été informés de l’œuvre de Janusz Korczak et de l’histoire du roi Mathias 1er de façon à pouvoir répondre aux questions des enfants. À la fin de la journée, les enfants repartaient chez eux en emportant leur marionnette.
  • À la fin de la pièce Le Roi Mathias… les enfants étaient invités à découvrir l’histoire vraie de Janusz Korczak à travers une réunion débat organisée sur place avec le comédien et des responsables de l’équipe du Rideau. En quittant la salle, au Palais des Beaux-Arts, dans une version adaptée, une rapide visite de l’exposition de notre association « Korczak ou le droit de l’enfant au respect », complétait leur information (et la validait) tout en leur permettant encore de découvrir la boîte aux lettres de la version belge de la Petite revue de Korczak, intitulée: l’R'jeune.
  • Une plaquette d'accueil de quatre pages résumant tout ceci avec les adresses utiles a été remise à chacun à la fin de la journée.
  • Fait remarquable, pour la première fois, une animation philosophique a été proposée en classe après les spectacles « Le roi Mathias » et « L’exemple du Dr Korczak ». À partir de leurs questions, ses animateurs aidaient les adolescents à réfléchir à leurs découvertes et à leur rencontre avec l’œuvre de Janusz Korczak. Ces ateliers de qualité étaient proposés par l’asbl Philomène dirigée par Gilles Abel et Martine Nolis.
  • La projection en classe ou en groupe d'enfants du film « L’Adieu aux enfants » de Claude Couderc, offrait encore aux jeunes une occasion de redécouverte et d'appropriation des idées de Janusz Korczak. Notre association a mis au point, de longue date, avec l’aide de Claude Couderc, une valise pédagogique adaptée à la projection en classe, aussi bien qu'à l’hôpital ou en atelier.
  • Cette valise est composée d'une vidéo VHS, disponible en PAL pour la Belgique, d'une durée de soixante minutes et d'un dossier complet sur le film, son scénario, son histoire, avec mises en perspective, rappels historiques et dossier de presse — Cette valise et toutes ces activités étaient à réserver directement au théâtre pour un coût modique (et négociable!).
  • Tout ceci a été remis en place et encore complété pour la reprise au mois de novembre 2003. En résumé : la pièce principale pour le public adulte et les adolescents, jouée le soir : L’exemple… (cf. haut de page), la pièce liée jouée le matin à 10 heures pour les scolaires : Le roi Mathias 1er… , l’exposition sur Janusz Korczak, la journée d'accueil au théâtre et l’ensemble des dispositifs pédagogiques proposés aux plus jeunes (ateliers marionnettes) et aux ados (animations philosophiques au théâtre et en classe), comme en atteste notre compte-rendu.

 

L’Association Française Janusz Korczak est heureuse d'avoir pu soutenir et accompagner le Théâtre du Rideau dans sa magnifique entreprise.

Nous nous réjouissons aussi de l’opportunité qui est ainsi donnée aux récentes associations (asbl) Korczak de Belgique, francophone et flamande, de faire connaître leur activité.

 

http://korczak.fr | http://roi-mathias.fr © Ass. Frse J. Korczak (AFJK), Paris
(Mis à jour le 24 décembre 2003)