Review of Janusz Korczak. Comment Surseoir à la Violence
Une critique du Korczak
de Philippe Meirieu
par Joop Berding, de l’Association J. Korczak des Pays-Bas.

 

Janusz Korczak. Comment surseoir à la violence ?
Collection l’éducation en question, PEMF, 2001.
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Comment surmonter la violence ? Et comment Janusz Korczak peut-il nous y aider ? Le livre qui soulève ces questions fait partie d’une série de quatre ouvrages qui présentent les idées de Korczak, Freinet, Oury et Montessori. Dans le cas de Korczak les auteurs montrent comment la violence peut être déjouée quand on travaille dans une démarche korczakienne. Cette démarche est non seulement pertinente pour les violences faites aux enfants par des adultes, mais aussi pour apprendre aux enfants à mieux réagir à leurs propres pulsions de violence.

Le livre est composé comme un patchwork d’articles, illustré de citations de Janusz Korczak tirées principalement de Comment Aimer un Enfant, Le roi Mathias 1er et Le Roi Mathias dans une île déserte. On y trouve des interviews de Marek Rudniki et de Stanislas Tomkiewicz et des réactions d’enfants et d’enseignants à l’œuvre de Janusz Korczak. Le livre présente aussi une courte biographie et une bibliographie choisie.

L’un des articles les plus intéressants est celui d’Emmanuelle Viennois qui présente les orphelinats de Janusz Korczak comme des écoles d’apprentissage de la démocratie. Il est correctement établi ici que Korczak ne s’est pas senti concerné par la pédagogie universitaire, mais par le développement d’une pratique pédagogique réfléchie. Il rêve d’une société démocratique et respectueuse de l’individualité de chacun, dans laquelle le plus de personnes possible coopèrent. Pour Janusz Korczak, l’enfant n’est pas un objet d’éducation : il élabore activement sa propre vie et son émancipation. Dans le regard de Korczak sur l’éducation on peut reconnaître un engagement moral et — de façon complémentaire, des implications politiques. De ce point de vue ses (deux) orphelinats peuvent être considérés comme les laboratoires d’une démocratie humaniste. Le développement de relations égalitaires fondées sur la responsabilisation et sur un système juridique objectif est la pierre angulaire de l’idéal de citoyenneté démocratique de Janusz Korcak.

Dans son rôle de directeur d’établissement, Janusz Korczak met en pratique ces idées en instituant des dispositifs pratiques tels que « La Boîte aux lettres », « Le Parlement » et « Le Tribunal » des enfants et, de façon plus générale, dans une pédagogie non-répressive basée sur une formulation radicale des droits de l’enfant. Finalement, Korczak est parvenu à trouver une voie moyenne entre l’éducation utilisée comme moyen de transmission à sens unique et l’éducation outil d’émancipation personnelle. Le terme le plus approprié – peut-être un peu compliqué – pour définir cette voie moyenne pourrait être : self-socio-constructivism. Cette démarche correspond à l’évolution actuelle du développement du constructivisme dans les sciences sociales en général et dans les sciences de l’éducation en particulier.

Dans le dernier chapitre Bernard Jabin présente un certain nombre d’idées et de pratiques korczakiennes adaptées à l’école. Dans les écoles, les « Conseils de coopérative », l’élaboration avec les élèves d’un règlement intérieur, l’aide à la gestion des conflits des élèves entre eux et la rédaction d’un journal peuvent renforcer la cohésion sociale et contribuer ainsi à plus de compréhension et à moins de violence.

Bien que concis, ce livre offre beaucoup à ceux qui peuvent comprendre la langue française. Il présente très clairement les idées de Janusz Korczak et leur positionnement dans le débat d’aujourd’hui sur l’éducation et la pédagogie.

— Joop Berding, Amsterdam, 23-11-2001.
in The Janusz Korczak International News letter,
n° 7, 11-2001,
traduit de l’anglais par Bernard Laudoux.

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http://korczak.fr | http://roi-mathias.fr © Ass. Frse J. Korczak (AFJK), Paris
(Mis en page le 17 juin 2002)